lundi 19 avril 2010

Visite au musée de l'aviation

Alors que quand j'écris ces lignes, plus aucun avion ne vole en Europe, à cause du nuage de cendre qui la récouvre, suite à l'éruption du volcan islandais Eyjafjöll, j'en profite pour publier les photos de notre visite au musée de l'avation, il y a dix jours, avec ma Teresita et mon ami Cédric, passionné par les avions.

Avec Cédric, devant un Douglas C47 Dakota, un avion que j'aimais beaucoup quand j'étais petit, celui qui a servi à larguer les paras américains lors du débarquement en Normandie. Celui-ci a eu un usage beaucoup plus pacifiste, le transport de passagers, il appartenait à Lan, la compagnie aérienne chilienne.



Ma Teresita et Cédric font les malins, ils ne devraient pas, ils posent devant le modèle de chasseur bombardier qui a servi à bombarder la Moneda (des frappes chirugicales déjà à l'époque), le palais présidentiel chilien lors du coup d'état du 11 septembre 1973.




Devant un bombardier. Faites l'amour pas la guerre.

Après le musée de l'aviation, Teresita et moi sommes allés nous promener dans son collège de filles où elle a fait toute sa scolarité, à quelques cuadras du musée.

Voilà pour aujourd'hui, j'espère que les avions vont vite se remettre à voler pour que l'on puisse faire notre voyage en France les deux premières semaines de juin. Un abrazo para todos.

dimanche 28 mars 2010

La vie reprend son cours

Un mois a passé depuis le tremblement de terre. On a quand même eu le droit a une terrible réplique, 7 sur l'échelle de Richter. J'étais chez moi au 9ème étage. Ça a duré une minute. Mon immeuble s'est mis à danser. Une nouvelle fois, j'ai été mort de peur. Mais néanmoins, la vie reprend son cours. Les militaires se sont remis à défiler en fanfare sous ma fenêtre.



On revoit les amis. Ici mon pote Javier, le docteur/cinéaste et son fils Emilio, 3 ans.


Une des conséquences du terremoto, ça été l'apagon, une coupure générale d'électricité qui a plongé tout le Chili dans le noir un dimanche soir. Ici, l'on voit l'immeuble en face de ma fenêtre, le premier du quartier a se rallumé.


Nous aussi, on a notre drapeau chilien à notre fenêtre.


Après le tremblement de terre, je suis tombé bien malade, une turista terrible sans doute due à l'eau qui n'était plus potable. Après 5 jours d'arrêt maladie, il a bien fallu reprendre le boulot à la librairie.


Avec ma Teresita, on a repris nos promenades dans Santiago. Ici, ce que l'on appelle une cité à Santiago : une petite ruelle fermée d'une grille, avec de part et d'autre de petites maisons. C'est sans doute l'habitat le plus modeste de Santiago. Beaucoup de Péruviens venus travailler au Chili y vivent. Les cités ont souvent beaucoup souffert du tremblement de terre.


Les week-ends où je ne travaille pas, on va souvent au marché avec Teresita. Les fruits et légumes sont excellents au Chili.


Tout ce qui a été construit après 1960 et le tremblement de terre le plus puissant jamais enregistré, 9,5 sur l'échelle de Richter, à Valdivia dans le Sud du Chili, est aux normes antisismiques. Ce qui explique que Santiago est plutôt bien résisté. Comme la tour Titanium qui, comme on dit ici, a passé son baptême du feu, et sa voisine, la tour du Costanera Center, dont la construction avait été interrompue pendant la crise économique, qui devrait être quand elle sera terminée, l'édifice le plus haut de tout le continent.


Teresita, dans les jardins du Cerro Santa Lucia.

J'ai reçu les papiers que j'attendais du gouvernement chilien. J'ai maintenant la résidence définitive après avoir travaillé deux ans. Je n'ai plus qu'à la payer. À bientôt, pour d'autres nouvelles.

lundi 1 mars 2010

Terremoto 8.6 la peur de ma vie

À notre retour de notre très réussi séjour à Iquique, on avait envie d'un peu plus de vacances. Après une semaine de boulot à Santiago, on est reparti pour le dernier week-end de l'été, à Pichilemu, célèbre spot de surf à 3 heures au Sud de la capitale. Le but était de prendre la vague que je n'avais pas prise à Iquique et de mieux connaître les amis d'enfance de ma Teresita : Fernando, Claudia, Faviola et Mireille, tous de Maípu, gigantesque banlieue à l'Ouest de Santiago. On est arrivé à Pichilemu en fin de journée le vendredi 26 février. Après avoir pris possession de la maison qu'on avait loué, à seulement 200m de la mer, on a tout de suite allumé le charbon. Après avoir partagé un barbeuk très convivial, les amis de Teresita sont sortis en boîte de nuit, tandis que nous, fatigués par notre première semaine de travail après nos superbes vacances à Iquique, on se couchait tôt pour pouvoir mieux profiter de la journée plage du lendemain. On s'endort, moi plus amoureux que jamais.

Samedi 27 février, 3 h 34, alors que ça faisait à peine plus d'une heure qu'on dormait, la terre se met à trembler, au début, on bouge pas, ici c'est normal, le Chili est l'un des pays les plus simique au monde, ça nous était arrivé aussi pendant nos vacances à Iquique, sauf que là ça dure plus longtemps et ça monte en puissance, la maison tremble de plus en plus fort. Teresita m'arrache du lit, me dit qu'il faut sortir. Moi, je suis encore endormi, je pense qu'on est toujours à Santiago où l'on vit au 9ème étage d'un immeuble de 15 étages, je me demande comment, on va sortir. La maison tremble si fort que j'ai l'impression d'une fusée qui va décoller, que l'on va se retrouver propulser jusqu'à la lune, pleine ce soir là. La vaiselle s'entrechoque, sort des meubles, se brise par terre, les miroirs se brisent, le bruit est atourdissant, le sol ondule. Alors que Teresita me tire par le bras, en arrivant à la porte, je finis par réaliser qu'on est à Pichilemu. Dehors, la terre ondule comme la houle sur la mer mais c'est plus supportable qu'à l'intérieur. On se serre dans les bras, on a froid, on est en T-shirt et en caleçon. Tout le monde est sorti de sa maison, c'est la panique, les gens sont terrifiés et nous aussi, des gens remontent de la plage, qui est 200 m plus bas en courrant tant bien que mal avec les ondulations du sol en disant qu'il faut courrir vers les collines, qu'il va y avoir un tsunami, la plupart sont sous l'effet de l'alcohl, on était vendredi soir, soir de fête au Chili, à fortiori le dernier week-end de l'été. Tout d'un coup, un homme passe avec son enfant enveloppé dans une couverture dans les bras, il dit que la mer est en train de se retirer, qu'il va y avoir un tsunami, cette fois, on y croit, on rerentre dans la maison pour s'habiller alors que le tremblement de terre n'est pas terminé, c'était juste plus supportable à l'extérieur, de nouveau la maison qui tremble comme une fusée au décollage, le sol qui ondule, le bruit atourdissant. Je m'habille, encore plus vite que le jour où la mère de Teresita, à l'époque où elle avait encore les clefs de chez nous était arrivé par surprise à la maison alors que j'étais à poil. L'électrécité s'est coupé dès le début du tremblement de terre, seul la lumière de la pleine lune éclaire faiblement notre chambre au fonde de la maison. Teresita n'arrive pas à trouver son pantalon, heureusement, mon téléphone portable à une seule option, il fait lampe torche, je l'éclaire, en moins de 30 secondes, on est habillé et dehors de nouveau, tout ça s'est passé pendant les 2 minutes qu'a duré le tremblement de terre, 8.6 sur l'échelle de Richter, le deuxième plus puissant jamais enregistré après celui de Valdivia au sud du Chili (9.5) en 1960, 100 fois plus puissant que celui de Haïti (7). On était à 130 km de l'épicentre, Concepción, pour nous c'était "seulement" 8.

De nouveau dehors, cette fois, j'étais mort de peur, j'avais le coeur qui battait à 100 à l'heure et je pensais qu'il n'allait pas tenir le choc, c'était toujours la panique, les gens continuaient de courrir vers les collines mais maintenant ils disaient que la mer était en train de monter, monter, monter... Nous aussi, on court vers les collines, on passe devant une église évangélique où les gens sont en train de chanter, fanatiques.

Arrivé en haut de la colline, on se croierait dans un film, toute la ville s'est refugiée sur el Cerro la Cruz, tous sont partis précipitament, il y a un petit grand-père sur sa chaise roulante qui grelotte de froid en pijama. Ceux qui sont montés en voiture écoutent la radio, les premières nouvelles tombent et avec elles la ville de Concepción. Des gens allument d'immenses feux pour se réchauffer, le ciel étoilé est magnifique, on se blottit l'un contre l'autre avec Teresita, on essaye de dormir entre deux repliques, je me demande s'il y aura un lendemain.

Et il y a un lendemain, avec le jour qui se lève, on se sent mieux même si la terre continue de trembler. On redescend de la colline, en arrivant à la maison, c'est la joie de retrouver nos amis, ils nous ont cherché toute la nuit, nous aussi on les à chercher, il m'a bien semblé entendre crier "Tere, Coco", mais Teresita me disait que non. On essaye de se reposer mais c'est pratiquement impossible avec les répliques. Les répliques le 1er jour, c'est le plus terrible, on a eu 90, certaines de puissance 7, c'est souvent une secousse, d'autres fois un tremblement ou un mouvement et à chaque fois, on se demande si ça va repartir, ça use les nerfs, quand elles sont fortes, on sort en courant de la maison. Après le tremblement de terre les téléphones portables n'avait plus de réseau mais le lendemain il est revenu pour quelques heures, on a pu communiquer avec nos proches à Santiago, eux aussi, ils ont eu très peur mais, heureusement, tout le monde est indemne. J'envoie un texto à mon père sur son i-phone mais il ne le lit qu'aujourd'hui lundi, je compte sur mes potes à Santiago, en espérant qu'il aient internet, pour qu'ils fassent savoir en France que l'on va bien, ce qu'ils feront et je les en remercie. Nous, à Pichilemu, on a toujours pas d'électricité, les portables ne tardent pas à être de nouveau sans réseau, les générateurs des compagnies ont épuisé leur combustible, il nous reste seulement la radio pour nous informer, le Chili est coupé du monde, les appels internationaux n'entrent plus. Plus au Sud, près de l'épicentre, les nouvelles sont catastrophiques. La maison où l'on loge nous tire sur les nerfs car elle tremble comme une feuille à chaque réplique, pour se changer les idées, on sort faire un tour pour relever l'étendu des dégâts.

Toutes les maisons de la ville haute, ont tenu le choc. La majorité des constructions au Chili sont antisimiques avec une armature en fer à l'intérieur des murs qui les fait se balancer pendant les séismes mais pas tomber. La majorité des maisons qui se sont écroulées pendant ce terrible tremblement de terre n'avait pas cette armature en fer, la plupart était en adobe, les plus jolies mais celles qui n'ont pas tenu le coup. Le patrimoine historique a été sévèrement touché, les centres historiques de Cúrico et Talca se sont effondrés, le Huascar, le fameux cuirassé de la guerre du Pacifique prise de guerre du Chili sur le Pérou, amarré dans la rade de Talcahunao à côté de l'épicentre du séisme serait à terre, plus de 60% des églises de Santiago seraient touchées. Je lisais dans le journal que les tremblements de terre sont comme une métaphore, se sont eux qui effacent la mémoire et l'histoire des pays d'Amérique du Sud.

Si la ville haute de Pichilemu a bien tenu le coup, ce n'est pas le cas de la partie basse de la ville construite au niveau de la mer qui a été dévastée par le raz-de-marée.





Un hélicoptère de l'armée nous survole pour rendre compte des dégâts. À ce moment, Pichilemu est coupé du reste du pays, pas de téléphone ni fixe ni portable, les ponts au dessus des rivières se sont écroulés, les routes sont coupées. De retour de notre promenade, on s'apprête à passer notre segonde nuit dans l'angoisse d'un nouveau tremblement de terre avec les répliques qui continuent. Morts de fatigue, on arrivera quand mème malgré tout à dormir et au deuxième lever du jour depuis le tremblement de terre, on se sent beaucoup mieux, les répliques se font plus rares et moins intenses. On s'ose à prendre une douche, on mange bien. La nuit suivante, on la passe au terminal de bus, dévorés par les moustiques, pour attraper le premier bus pour Santiago. C'est la cohue mais comme on était les premiers au terminal, on monte dans le bus sans aucun problème. Arrivés à Santiago, on angoisse de se retrouver avec notre immeuble transformé en tas de pierre parce qu'on a lu dans le journal qu'un immeuble de 15 étages de Santiago Centro, la description du nôtre s'est éfondré mais non, le nôtre est intact. On retouve l'électricité, la communication avec internet et le téléphone portable. Je peux communiquer avec mes parents, mon frère, mes amis ici, tout le monde va bien. On découvre enfin les images de la télévision (la première chose que les Chiliens sauvent pendant un tremblement de terre, avant même les enfants), elles sont térrifiantes, tout le littoral sud a été dévasté par le tsunami, pillages et couvre feu à Concepción et à Talca. Le bilan est beaucoup plus lourd au fur et à mesure que l'on atteint les zones les plus gravement touchées par la catastrophe. Le Chili qui avait refusé l'aide internationale au début, pensant qu'il pouvait faire face seul a fini par l'accepter. Je reste malgré tout impressioné par la capacité de ce pays pour faire face à de tels évènements. Alors que le tremblement de terre a été incroyablement puissant, la majorité des constructions ont tenu le coup. Dès le lendemain, les Chiliens étaient de retour au travail ou ne pensaient qu'à reprendre le travail, ils se sont mis à reconstruire le premier matin. Dommage que les images de pillages viennent gâcher cette formidable force de volonté. Nous on a eu de la chance, beaucoup de chance, on est conscient, et alors que je termine ce billet, mon immeuble de 15 étages, se balance sous l'effet d'une énième réplique, j'en ai un peu mal au coeur. À bientôt pour d'autres nouvelles, j'espère plus heureuses...


jeudi 18 février 2010

Iquique

Et nous voila de retour à Santiago, après 6 jours de vacances bien remplis à Iquique, dans le Nord, à 1850 km de la capitale. C'est passé vite, j'aurais bien pris plus de vacances mais au moins on en a profité au maximum. Comme promis voici le recit de nos vacances avec plus de photos que je n'en ai jamais publié dans un billet de mon blog (avec le temps, j'ai appris à baisser le poids des photos, quand il me fallait 20 minutes pour monter une photo au début de ce blog, je les télécharge maintenant en quelques secondes). Tout a commencé par le voyage en avion. C'était le baptême de l'air de Teresita et on peut dire qu'elle a été servie...

Notre vol était un véritable avion-bus. Je m'explique, on a attéris et rédecollé des principales villes du Nord : Copiapo, Calama (la ville la plus glauque du Chili par laquelle on a transité l'année dernière avec mes parents et mon frère à la même époque de l'année pour rallier San Pedro de Atacama) et enfin Iquique. À chaque fois, des gens descendaient et montaient de l'avion comme dans un bus. Teresita a donc eu le droit à trois décollages et trois attérissages pour son premier vol en avion. Ce qu'elle a préféré, c'est le plateau repas, qui lui rappellait quand elle jouait aux tasitas (à la dinette) quand elle était petite. Le guide touristique disait que l'arrivée sur Iquique était impressionante. L'aéroport est à 40 km au Sud de la ville. On a donc pris un transfert en bus et on est arrivé par la route côtière qui longe le Pacifique, joli mais pour ce qui est de l'arrivée sur la ville, on a été plutôt déçu, on est entrée dans Iquique par la ville nouvelle et ses lotissements, ce qui n'avait rien d'extraordinaire. J'ai compris plus tard que l'arrivée était impressionante pour ceux qui arrivent de la Panaméricaine, la route qui relie Arica à l'extrême Nord du pays au Sud de l'île de Chiloé (que j'ai parcouru dans sa totalité mes deux premières années au Chili, maintenant il me reste à connaître la Route Australe qui commence là où termine la Panaméricaine et va jusqu'au Cap Horn, c'est de la piste, elle n'est même pas bitumée). Ceux qui arrivent par la route, et non en avion comme nous, doivent prendre la Route 6 qui relie la Panaméricaine à Iquique, elle débouche en haut des falaises qui dominent la ville et là effectivement l'arrivée est beaucoup plus impressionante.

Comme vous pouvez le voir, Iquique est construite sur une mince bande de terre coincée entre le Pacifique et la Cordillère de la Côte. Nous sommes tout de suite allé prendre nos quartiers dans notre hôtel.

L'hôtel de la Plaza, choisi parce que dans une maison historique de la ville. Iquique est née de l'âge d'or des nitrates qui servaient à fabriquer les engrais et la poudre à canon au XIXème siècle. Les nitrates étaient extraits du désert d'Atacama (le plus aride du monde, il n'y pleut jamais) et acheminés ensuite par chemin de fer jusqu'au port d'Iquique, c'est ce qui a fait la richesse de la ville. Le témoignage de cette richesse passée, ce sont ces maisons coloniales, comme notre hôtel, construites avec des pins de l'Orégon amené par les navires qui descendaient des États-Unis.

À peine nos bagages déposés, nous sommes tout de suite allé voir la tour de l'horloge, le plus célèbre bâtiment de la ville.


Puis le port, avec ses lions de mer, comme ceux que l'on avait vu l'année derniére avec Rémi sur le marché de Valdivia dans le Sud ou pendant la traversée en ferry pour Chiloé.

Nous sommes revenus au port le lendemain pour le traditionnel tour en bateau comme à Valpo.

L'objectif étant cette fois d'aller voir la fameuse bouée comémorative du combat naval d'Iquique pendant la Guerre du Pacifique au XIXème siècle qui opposa le Chili à ses voisins, le Pérou et la Bolivie. Sujet sur lequel j'aurais voulu faire ma maîtrise d'Histoire, mais ma prof, spécialiste du Mexique, préfèrait que je la fasse sur le PRI, le parti politique qui est resté 70 ans au pouvoir au Mexique, sujet que j'ai abandonné en court de route pour venir vivre au Chili. Je ne desespère pas de reprendre un jour mes études d'Histoire pour me consacrer à la Guerre du Pacifique, un sujet méconnu en France, mais qui continue de déchaîner les passions ici.

Voici donc la fameuse bouée. Pour faire court, pendant la guerre, la flotte chilienne était partie plus au Nord dans le but de détruire la flotte péruvienne, laissant seulement deux bateaux, la Esmeralda et la Covadunga, faire le blocus d'Iquique qui était alors un ville péruvienne. Les deux navires chiliens laissés en arrière à Iquique étaient de vieux bâteaux en bois. C'est alors que surgissent deux cuirassés péruviens, le Huascar et la Independencia. Les Chiliens ne font pas le poids. Le Huascar épéronne la Esmeralda et l'acier triomphe du bois. Sachant que son navire va couler, Arturo Prat, qui commandait la Esmeralda, se lance courageusement à l'abordage du Huascar où il ne tarde pas à mourir sous les balles des Péruviens retranchés dans leur tourelle blindée et la Esmeralda fracassée par le Huascar coule à pic. La bouée marque le lieu du sacrifice d'Arturo Prat. Un sacrifice qui ne sera pas vain car le récit de la mort héroique de Prat va servir par la suite à galvaniser les troupes chiliennes qui remportent finalement la Guerre du Pacifique et remonteront même jusqu'à Lima au Pérou, enlevant au Pérou et à la Bolivie des terres riches en nitrate à l'époque (en cuivre aujourd'hui) et privant la Bolivie de son accès à la mer. C'est dire si cet évènement qui marque le tournant de la guerre est important pour la mémoire collective des Chiliens. Quand on a tourné autour de la bouée, ils se sont mis à chanter l'hymne national (ma Teresita aussi) et je n'ai pas pu m'empêcher de me moquer de leur nationalisme, quand on sait oû cela nous a mené en Europe...

Le lendemain, journée plage, sans photo, de peur de se faire piquer l'appareil pendant qu'on faisait trempette. Bien agréable de pouvoir se rafraîchir dans le Pacifque après la chaleur infernale du désert. Le surlendemain, un peu d'adrénaline, ça faisait longtemps, avec notre baptême de parapente. Iquique dispose d'une situation exeptionnelle pour la pratique de ce sport. En effet, le vent du Pacifique vient buter contre les falaises aux pieds desquelles est construite la ville provoquant ainsi de superbes courrants ascencionels. Teresita a été la première à s'élancer.

Une fois dans le vide, je l'ai vu monter à plus de 100 m au dessus de nos têtes. Je l'ai suivi de peu...

...et c'était le pied!

La photo d'Iquique au début de ce billet a été prise par moi en parapente.

À la fin du XIXème siècle, les Européens inventent les engrais synthétiques et mettent ainsi fin à l'âge d'or du nitrate. Les mines et les villages de mineurs du désert sont alors subitement abandonnés pour devenir des ville fantômes (comme dans Lucky Lucke...). Avec la mer chaude (le littoral central près de Santiago est trop froid pour s'y baigner) et le parapente, les villes fantômes étaient la troisième raison de notre choix d'Iquique comme destination de vacances. Comme le nitrate était expédié dans le monde entier depuis le port d'Iquique, l'Unesco a déclaré les villes fantômes du désert Patrimoine Mondial de l'Humanité comme le témoignage d'une époque où le travail des pampinos, les mineurs du désert avait servi à l'humanité toute entière. Les villes fantômes de la pampa d'Iquique sont l'un des quatre sites chiliens classés au Patrimoine Mondial de l'Humanité avec deux collines de Valparaiso, les Églises de Chiloé et l'Île de Pâques. Il ne me manque plus que l'Île de Pâques pour les avoir tous fait, sur laquelle je pense faire l'impasse. Tous ceux que je connais qui y sont allés en sont revenus déçus. C'est cher et je préfère connaître l'archipel Juan Fernandez et l'île de Robinson Crusoé. Avant Noël, nous avons reçu un livre de l'Unesco où étaient repertoriés tous les sites classés au Patrimoine Mondial de l'Humanité, en le parcourant, je me suis rendu compte que j'en avais déjà visité une bonne partie que ça soit en France, en Espagne, en Italie, en Argentine où maintenant au Chili et généralement ça en vaut la peine.

Nous avons commencé par visiter Santa Laura, l'une des premières mines.

Qui présente l'avantage d'avoir conservé la chaîne de production pratiquement intacte.

Puis nous avons connu Humberstone, qui fut une ville ultramoderne pendant la grande époque du nitrate avec l'eau courante, l'électricité, le téléphone, un théâtre, une piscine, un terrain de basket, de tennis, deux écoles, ect... tout ça aujourd'hui abandonné.







Seuls les très très intimes auront le droit à l'explication de cette photo...

Pour les guides touristiques, le plus émouvant, c'est l'école, avec les bancs des écoliers qui n'ont pas bougé.

Après les villes fantômes, qui par la quantité de photos qui leurs sont consacrées sur mon blog, vous l'aurez compris m'ont beaucoup plu, nous sommes allés voir les géogriphes précolombiens de Pintado qui servaient de panneaux de signalisation aux nomades du désert au Ier siècle après la naissance de J-C.

Avant d'aller nous abriter un peu à l'ombre des arbres frutiers de Pica, une oasis au milieu du désert.

Pica est très connue pour ses citrons qui servent à la préparation de tout Pisco Sour, le cocktail national au Chili (et au Pérou), qui se respecte. C'était l'obscession de Teresita à Pica, goûter un Pisco Sour sur le lieu de production des fameux citrons indispensables à sa préparation. Et ici, nous avons l'exemple de comme tout peut être parfois si simple au Chili. On arrive à cette gargotte qui ne vend en principe que des jus de fruits frais et qui n'a bien sûr pas la licence pour vendre de l'alcohol.

Teresita demande à la petite grand-mère qui tient la gargotte : "Señora, savez-vous où est-ce que l'on peut boire un Pisco Sour par ici?". La petite grand-mère réfléchit une minute et ne voyant pas vraiment où elle pouvait nous envoyer, répond : "Moi, je peux vous en préparer un si vous voulez", "Non deux s'il vous plaît". Elle part dans son arrière cuisine et revient avec deux succulents Pisco Sours, les meilleurs que l'on ait essayé, et ça a été notre apéro de tous les jours pendant nos vacances. Maman, on a eu une pensée pour toi à chaque fois!

Après Pica, Matilla, autre oasis dans le désert, avec son clocher typique des Andes comme je les aime tant.

Et la Tirana, lieu de pélerinage mythique du Nord, où chaque année convergent 80 000 pélerins pour voir les danseurs du carnaval. Mais comme le carnaval a lieu a la mi-juillet, j'ai dû me contenter de ma Teresita comme unique danseuse.

Heureusement, le soir même, on a eu la chance d'avoir un avant goût du carnaval avec quelques danseurs dans les rues d'Iquique.

Hier, autre journée plage, encore sans appareil photo. Iquique est aussi un fabuleux spot de surf avec de magnifiques vagues qui fonctionent tous les jours de l'année. C'est mon seul regret de ces quelques jours de vacances bien mérités, n'avoir pas pu en surfer ne serait-ce qu'une seule. Il y avait des plongeoirs flottants au large de la plage. Aucun problème pour y aller mais j'ai peiné pour en revenir avec le courant. Je ne pense pas que ma condition physique, vu le peu de sport que je fais, en raison du peu de temps libre que mon laisse mon boulot à la librairie, m'aurait permis de vraiment profiter de ces superbes conditions pour le surf. Un autre point positif de ces vacances, c'est que ça m'a donné envie de me remettre à la natation, le problème, c'est qu'ici, c'est bien cher!

Après le flop des nitrates, Iquique a dû se réinventer, tout d'abord en devenant un port de pêche qui a exporté plus de poissons qu'aucun port au monde puis, avec sa zone franche, un immense centre commercial, la Zofri, où tout est détaxé. C'était le programme de ce matin avant le retour en avion pour Santiago.

Je m'y suis racheté une malette de poker, ayant dû laisser la mienne en France quand je suis venu vivre au Chili, en raison du poids. Je me consolais en disant qu'elle servait néanmoins aux potes toutes les semaines mais c'était malgré tout un véritable traumatisme auquel j'ai pu mettre fin aujourd'hui. J'ai trouvé des potes de la Teresita qui jouent au poker, il ne me manquait plus que les jetons pour lancer les parties. J'ai mis dans la malette mes deux jeux de cartes plastifiées, celui de toutes les parties en France avec les amis, que j'ai enmenné avec moi par nostalgie et celui que m'a envoyé Matt dans un colis, je suis fin prêt!

Voilà pour les nouvelles, demain dernier jour de vacances, sans doute à des fins domestiques. Retour au boulot ce week-end. N'étant pas tout à fait rassasiés question vacances, on pense repartir pour Pichilemu le week-end suivant où j'espère bien cette fois-ci me prendre une vague ou deux. J'espère que tout le monde va bien. Désolé pour les fautes, il y en a sûrement des tas, mais j'oublie ma langue maternelle alors que pourtant j'enchaîne les livres en français, il est tard, trois heures du mat', mais je mourais d'envie de vous raconter estas maravillosas vacaciones nortinas! Un abrazo gigantesco para todos et à bientôt! El Coco (qui s'est enfin coupé les cheveux comme vous l'aurez remarqué!). ¡Chao y suerte!